vendredi 19 juin 2009

Laisse pisser le mérinos

Bon-Papa disait qu’il faut laisser pisser le mérinos. Le mien pisse partout, dans mon cerveau, entre mes doigts de pied, dans mon nombril, au bout de mes cheveux, sous mes bras, derrière ma rétine. Il marque son territoire.
Je me souviens surtout de son cou.
Entre les amours d’Hadrien et son jeune oephèbe, j’aurais dû l’embrasser. Mais avec un chewing-gum j’ai plutôt essayé de me calmer. Il suivait les jolies guides. Je le cherchais entre les maquettes, les pièces de monnaie et les bustes crolés. Lush signifie luxuriant. Il ne savait pas répondre.
Puis, pendant quelques jours, je ne l’aimais plus. La nuit, j’avais rêvé qu’il mangeait du chou-fleur et qu’il riait trop fort. Et maman m’avait dit de laisser la lune aux étoiles.
Laisse le mérinos, les lunes et les étoiles. Laisse tomber. J’ai de toute façon tout essayé, même la tarte à la rhubarbe.





Tarte a la rhubarbe
.
Pâte brisée
250g de farine
125 g de beurre
1 jaune d'oeuf
1 c. à s. de cassonade blonde
1 paquet de sucre vanillé
un peu d'eau
.
Garniture
une botte de rhubarbe
1 ou 2 poires
250 g de sucre brun
de la cannelle
50 g de farine
50 g de beurre
3 à 4 oeufs entiers
.
Préparer la pâte brisée: mélanger du bout des doigts les ingrédients. Ajouter un peu d'eau si c'est trop sec. Bien travailler (mais pas trop longtemps) et former un boule. Laisser reposer 1h au frigo.
Beurrer une platine à bords assez hauts. Etendre la pâte au rouleau et la poser dans la platine.
Couper la rhubarbe en petites rondelles, et les poires en forme qu'on veut. Les disposer sur la tarte.
Préparer la garniture: fraiser ensemble le sucre, la cannelle, le beurre et la farine (comme pour un crumble). En parsemer la rhubarbe.
Si on veut, verser sur le tout les oeufs battus en omelette (personnellement je préfère sans).
Mettre au four préchauffé à 180°C pendant une petite demi-heure.
Manger froid! Et séduire vos invités (normalement ça marche!)

mardi 16 juin 2009

Mange des tomates mon amour


Une madeleine pour revivre le passé, des brocolis contre le cancer, le pamplemousse pour maigrir, le chocolat c’est pour le moral, une bonne soupe bien chaude quand il fait bien froid, des carottes pour avoir bonne mine.

Soyez bien dans votre assiette. Je ne suis pas dans mon assiette !!!

jeudi 5 mars 2009

Château Pollini

Oui j'ai honte... Souvent je me demande comment on fait pour reconnaître d'un coup de nez un grand vin ou d'une oreille un musicien très doué.
Hier j'ai compris. Dans une grande salle de concert au bord de la Tamise, après une journée de travail interminable, entre un touriste italien et un vieux monsieur.
Maurizio Pollini est entré dans la salle en saluant pieusement de la tête. La salle était pleine, il y avait même des gens assis sur la scène derrière le piano. Il n'a pas attendu le grand silence accoutumier et s'est mis à jouer sincèrement.
Là j'ai compris qu'on ne peut pas forcément expliquer ce qu'est un grand pianiste ou un grand vin. Ce n'est pas nécessaire non plus.
Et on souffre de toute la médiocrité que peut offrir le monde. Les meubles Ikea, le pop corn, les audio-guides, les marlboro light, les touristes, la presse à scandale, la pâte à crêpes en poudre...
A cause de ce vieux monsieur un peu courbé, à la silhouette d'insecte à queue de pie, qu'on entendait parfois chantonner discrètement et qui avait juste derrière lui une dame aux bras nus qui lui faisait comme des oreilles de lapin.



Gateau aux carottes pas que pour les lapins

3 carottes
2 oranges
1 citron
3 tranches de pain de mie sans croute
100 g d'amandes (en poudre ou pas)
200 g de sucre roux
1 sachet de levure en poudre
1 c.à c. de gingembre en poudre
1 c.à c. de cannelle
4 oeufs
5 cl d'huile d'arachide
100 g de sucre de canne
1 bâton de cannelle
1 gousse de vanille
quelques clous de girofle
.
Presser ensemble le citron et les deux oranges (et prélever le zeste d'une des deux). Réserver.
Mixer (dans un robot si possible) les carottes, le zeste d'une orange, le pain, les amandes, le sucre roux et la levure.
Ajouter le gingembre, la cannelle, les oeufs. Et terminer par l'huile.
Etaler le mélange dans un moule rond assez profond et bien huilé.
Au four, 45 minutes à 180°C.
Cuire le jus d'orange et de citron avec le sucre de canne, le bâton de cannelle, la gousse de vanille et les clous de girofle.
Porter à ébullition.
Verser le sirop uniformément sur le gateau et laisser reposer une nuit.

jeudi 24 juillet 2008

Canard à l'orange



Il y a des jours où l'on voudrait s'envelopper de quelque chose d'épais et opaque, de chaud même si le soleil tape, de sucré mais qui ne colle pas (juste pour n'avoir qu'à lécher pour se sentir réconforté), pas trop foncé pour pas qu'on ait l'air tout pâle, mais pas trop clair non plus parce que cette lumière fait mal aux yeux. On veut les garder fermés et ceux des autres aussi. Quelque chose qui pique pour que ça ne fasse pas mal qu'à l'intérieur. Et qui brûle la peau parce qu'on veut s'en débarasser.

Longtemps, j'ai porté une veste en velours. Il y en avait une brune, une noire, et une bleu foncé. Ma mère m'appelait alors Peau d'âne.

Filets de canard caramélisés à l'orange

200gr de filets de canard
2 c.à s. de sauce soja
2 c.à s. bombées de sucre de canne
1 c.à s. de gingembre frais râpé
1 gousse d'ail écrasée
1 c.à s. de sauce de poisson
2 c.à s. de jus de citron vert
le jus de 2 oranges
un peu de leur zeste finement hâché
.
Mélanger tous les ingrédients (sauf le canard) dans un bol. Mélanger à la fourchette.
Faire cuire dans une poêle jusqu'à ce que la sauce s'épaississe. Diminuer le feu si ça va trop vite.
Quand la sauce est bien opaque et épaisse, ajouter les filets (je les achète très fins et prédécoupés) dans la poêle. Cuire quelques minutes.
Une recette sortie de la petite robe noire de Trish Deseine et régulièrement empruntée, pas seulement par moi.

mardi 15 juillet 2008

Lundi matin,...

Nous serions arrivés un jour de pluie, un peu en retard à cause du temps. Le petit hall prévu pour les carosses aurait gardé nos souliers de satins secs et nous aurions marché sur la double épaisseur du tapis du corridor chinois en ne laissant aucune trace. Le nez en l'air, en admirant les lanternes de ces contrées que l'architecte pensait avoir visitées. En passant, on aurait carressé la balustrade en faux bambou.
Toujours dans nos petits souliers, on nous aurait présentées à un prince obèse et anticonformiste, caché derrière des chandeliers égyptiens. Il n'aurait eu d'yeux que pour sa nouvelle conquête mais nous aurait fait asseoir un peu plus loin, nous et nos petits souliers, après nous avoir fair servir un verre de son meilleur vin. On aurait eu peur de crouler sous le lustre en forme de dragons.
Nous aurions dû faire un choix entre cent plats. J'aurais choisi celui-là:

Filets de maquereau farcis de fenouil mentholé
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2 maqueraux avec toute leur tête
1/2 bulbe de fenouil
2 noix de beurre
1 grosse cuillère à soupe de chapelure
noix de muscade
3 tiges de menthe fraîche
2 anchois égoutés
1 citron vert
sel et poivre
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Hâcher finement et séparément le fenouil et la menthe.
Faire frire le fenouil à feux doux dans une noix de beurre (et une lichette d'huile d'olive à mon goût).
Ajouter la chapelure jusqu'à ce que le mélange brunisse.
Hors du feux, ajouter la noix de muscade, 2/3 de la menthe, le sel et le poivre. Et bien mélanger.
Allumer le grill.
Inciser les maquereaux dans la longueur et les fourrer de fenouil.
Mixer les anchois avec le reste de beurre avec une fourchette. En badigeonner le macquereau.
Placer dans un plat et faire griller 10 minutes de chaque côté.
Garnir du reste de menthe et de gouttes de jus de citron.

On aurait quand même goûté à l'Oie braisée aux racines glacées et aux Petits pâtés de moutons à l'anglaise. Avant de nous retirer dans un divan pourpre du salon de musique, né lui aussi de fantasmes et d'idées reçues.