jeudi 24 juillet 2008

Canard à l'orange



Il y a des jours où l'on voudrait s'envelopper de quelque chose d'épais et opaque, de chaud même si le soleil tape, de sucré mais qui ne colle pas (juste pour n'avoir qu'à lécher pour se sentir réconforté), pas trop foncé pour pas qu'on ait l'air tout pâle, mais pas trop clair non plus parce que cette lumière fait mal aux yeux. On veut les garder fermés et ceux des autres aussi. Quelque chose qui pique pour que ça ne fasse pas mal qu'à l'intérieur. Et qui brûle la peau parce qu'on veut s'en débarasser.

Longtemps, j'ai porté une veste en velours. Il y en avait une brune, une noire, et une bleu foncé. Ma mère m'appelait alors Peau d'âne.

Filets de canard caramélisés à l'orange

200gr de filets de canard
2 c.à s. de sauce soja
2 c.à s. bombées de sucre de canne
1 c.à s. de gingembre frais râpé
1 gousse d'ail écrasée
1 c.à s. de sauce de poisson
2 c.à s. de jus de citron vert
le jus de 2 oranges
un peu de leur zeste finement hâché
.
Mélanger tous les ingrédients (sauf le canard) dans un bol. Mélanger à la fourchette.
Faire cuire dans une poêle jusqu'à ce que la sauce s'épaississe. Diminuer le feu si ça va trop vite.
Quand la sauce est bien opaque et épaisse, ajouter les filets (je les achète très fins et prédécoupés) dans la poêle. Cuire quelques minutes.
Une recette sortie de la petite robe noire de Trish Deseine et régulièrement empruntée, pas seulement par moi.

mardi 15 juillet 2008

Lundi matin,...

Nous serions arrivés un jour de pluie, un peu en retard à cause du temps. Le petit hall prévu pour les carosses aurait gardé nos souliers de satins secs et nous aurions marché sur la double épaisseur du tapis du corridor chinois en ne laissant aucune trace. Le nez en l'air, en admirant les lanternes de ces contrées que l'architecte pensait avoir visitées. En passant, on aurait carressé la balustrade en faux bambou.
Toujours dans nos petits souliers, on nous aurait présentées à un prince obèse et anticonformiste, caché derrière des chandeliers égyptiens. Il n'aurait eu d'yeux que pour sa nouvelle conquête mais nous aurait fait asseoir un peu plus loin, nous et nos petits souliers, après nous avoir fair servir un verre de son meilleur vin. On aurait eu peur de crouler sous le lustre en forme de dragons.
Nous aurions dû faire un choix entre cent plats. J'aurais choisi celui-là:

Filets de maquereau farcis de fenouil mentholé
.
2 maqueraux avec toute leur tête
1/2 bulbe de fenouil
2 noix de beurre
1 grosse cuillère à soupe de chapelure
noix de muscade
3 tiges de menthe fraîche
2 anchois égoutés
1 citron vert
sel et poivre
.
Hâcher finement et séparément le fenouil et la menthe.
Faire frire le fenouil à feux doux dans une noix de beurre (et une lichette d'huile d'olive à mon goût).
Ajouter la chapelure jusqu'à ce que le mélange brunisse.
Hors du feux, ajouter la noix de muscade, 2/3 de la menthe, le sel et le poivre. Et bien mélanger.
Allumer le grill.
Inciser les maquereaux dans la longueur et les fourrer de fenouil.
Mixer les anchois avec le reste de beurre avec une fourchette. En badigeonner le macquereau.
Placer dans un plat et faire griller 10 minutes de chaque côté.
Garnir du reste de menthe et de gouttes de jus de citron.

On aurait quand même goûté à l'Oie braisée aux racines glacées et aux Petits pâtés de moutons à l'anglaise. Avant de nous retirer dans un divan pourpre du salon de musique, né lui aussi de fantasmes et d'idées reçues.

dimanche 6 juillet 2008

Nymphéas


J'ai revu les Nymphéas, comme on croiserait un ancien amant par hasard. ça piquote au fond du ventre de souvenirs qu'on pensait avoir oubliés.

Monet fut ma première passion. J'avais 9 ans.

Ce n'était pas pour ses tableaux mais pour son chapeau de paille, les prénoms de ses enfants qui n'étaient pas tous les siens, cette barbe blanche qui s'effilochait sur un gros ventre, les capucines qui mangeaient les bordures des allées de son jardin, la couleur de sa salle à manger, le charme paisible de ce qu'il peignait, les reflets sur la neige et sur l'eau qu'il avait si bien compris, son costume de lin beige qui devait être plein de tâches et sa cabine flottante qu'il avait -je crois- construite lui-même.

Le poster de la Femme à l'ombrelle tournée vers la gauche n'a jamais été détrôné par Brad Pitt sur les murs de ma chambre.


Mi-cuits de thon rouge à la salsa verde

2 c. à s. de câpres
1/2 bouquet de persil plat
3 branches de menthe fraîche
4 filets d'anchois à l'huile
1 gousses d'ail
moutarde de Dijon
1/2 citron vert
huile d'olive
200 g de thon rouge
2 c. à s. de graines de sésame


Hâcher très finement les câpres, les feuilles de persil plat et de menthe, les filets d'anchois et la gousse d'ail.
Verser dans un bol et ajoutez 1 c. à s. de moutarde, 1 c. à s. de jus de citron, 3 c. à s. d'huile d'olive, et du poivre noir (à vous d'adapter les doses selon vos goûts et humeurs).
Bien mélanger et réserver au frais.
Badigeonner le thon d'huile d'olive.
Mettre les graines de sésame dans une assiette et passer le thon dans les graines sur deux côtés.
Faire chauffer de l'huile d'olive dans une poêle et mettre le thon à cuire à feu vif 30 secondes sur chaque côté. Il doit rester rouge à l'intérieur et les graines ne doivent pas devenir noires.
Une fois retiré du feu, tailler le thon en cubes.
Les recouvrir de salsa verde et les piquer d'un cure-dent avant de les dévorer presque tous crus.

mercredi 2 juillet 2008

Le premier bonheur du jour


L'heure vide. Quand c'est pas encore vraiment le jour, mais qu'il ne fait plus nuit. ou le contraire.
Le matin très tôt, dans les bus et dans les trains, même dans la rue, de la complicité entre les gens. Et de l'intérêt.
Où allez-vous Monsieur? c'est pour le boulot? pour le plaisir? pour que le monde vous appartienne? désolée, alors il est à moi aussi.


Granola
pour quelques commencements de jour réussis
6 tasses de flocons d'avoine
2 tasses de noix
1 cuillère à soupe de cannelle
1 grosse pincée de sel
1/2 tasse de syrop d'érable
1 tasse de baies de goji
Mélanger les ingrédients (sauf les baies de goji) dans un grand plat rectangulaire.
Mettre au four à 180°C pendant 30 minutes.
A mi-cuisson, mélanger avec une cuillère en bois.
Ajouter les baies de goji à la sortie du four.
Conserver dans un bocal en verre et s'en régaler avec du yaourt et des fruits des bois.

mercredi 28 mai 2008

Un dimanche à la campagne

Toi tu vas cueillir des fleurs et tu me fais trois bouquets.
Elisabeth m'a tendu les ciseaux, la pointe tournée vers moi. Sa violence habituelle que l'on met sur le compte de son sang russe, m'a une fois de plus surprise mais pour une fois ravie.
J'aime bien les fleurs.

Ail sauvage et iris. L'iris n'ayant aucune odeur, le parfum des chambres est inhabituel.
Mais moi je dormirai dans un arbre.

En ces temps de défrontièrisation, il m'arrive trop souvent d'avoir besoin d'un petit goût d'authentique, à la sauce tradition et parfumé de vieilles habitudes.
Oui, j'ai bien expérimenté les déjeuners en culotte courte au Art Club, bu l'afternoon tea avec des scones à la marmelade, ou du Pimm's sur une couverture au milieu des jonquilles, échangé ma veste orange contre une à carreaux rouges et bleus, suivi de près le mariage du petit-fils de la reine et assisté à la course d'aviron qui entretient chaque année les rivalités entre Oxford et Cambridge, remplacé ma couque suisse matinale par un oeuf au bacon et envoyé pas mal de petits agneaux blancs dans les profondeurs de mon estomac, rien de tout cela ne m'aurait préparée à ce qui allait m'arriver ce week-end...

Passer la matinée dans un champ, avec mon patron, à cueillir des asperges. Puis les manger avec les doigts, dégoulinant de beurre fondu, les grains de sel gris croquant sous les dents.

Alors que la veille, j'appréhendais la nuit avec deux grosses araignées et une bande de fantômes en canotier dans la cabane dans les bois, celle qui servait au siècle passé à sécher les coussins des bateaux du coin. Mais même si elle fut courte, le bonheur de contempler le lendemain matin à la fenêtre un tableau de Monet: une barque, un saule pleureur, avec des reflets dans l'eau.
Marcher ensuite dans l'herbe mouillée d'un jardin désorganisé, à pieds nus, avant d'enfiler ses bottes pour la cueillette.

J'ai du mal à suivre les conversations. L'alcool de mûre préparé par Elisabeth deux ans plus tôt m'aide à placer un mot ou deux mais en laisse filer beaucoup trop.
Autour du roast beef et du yorkshire pudding, une arrière-grande-tante qui a lancé le combat contre les poulets élevés en batterie avant Jamie Oliver mais qui, comme lui, aimait la confiture maison, et le halo qui entourait Nureyev quand il dansait le Lac des Cygnes vu de derrière la scène. Sans oublier le petit chat offert par Brigitte Bardot à Elisabeth alors qu'Edith Piaf posait pour sa mère, et le fameux 'C word' ou 'seaword' qui serait la pire insulte en anglais mais que personne n'a voulu m'expliquer.

Mais j'ai appris à réchauffer les assiettes avant de servir, à consciencieusement disposer tous les ingrédients sur ma fourchette pour chaque bouchée, à manger de la confiture à tous les repas, à lire le journal à table au petit déjeuner, à dire gosh, yak et yummy à la place de mon dieu, berk et miam, et à cueillir des asperges sans déchirer la tige.
Pour le lait dans mon thé, ça mettra plus de temps.

Enfin, rentrer le dimanche soir avec un petit pot de chutney de coing et un bouquet d'iris jaunes, la tête pleine de ...






Roast beef

1 rôti de boeuf (compter 150 g par personne)
3 c. à s. de farine (braisée)
1 c. à c. de paprika moulu
1 c. à c. de graines de moutarde moulues
1 bouteille de vin rouge
graisse de canard

Braiser la farine dans une poêle (j'ai loupé cet épisode).
Mélanger la farine, le paprika et les graines de moutarde.
En poudrer le boeuf (généreusement comme une Marie-Antoinette et en le frictionnant)
Poser le rôti sur une grille posée sur un plat dans lequel on a versé une demi bouteille de vin rouge, dilué un petit verre d'eau et noyé une cuillère à soupe de graisse de canard.
La poudre fera croustiller le rôti et la vapeur du vin l'ennivrera.
Mettre au four très chaud (250°C?). Le temps de cuisson dépend de sa taille (environ 20 minutes par kilo). A vous de voir...
Et laisser de la place pour les suivants.
Terminer la cuisson du boeuf trempé dans le jus.
Terminer la cuisson du jus dans une poêle à feux doux et laisser réduire quelques minutes.

Potatoes

quelques pommes de terre à chair ferme
graisse de canard
des grains de gros sel

Précuire les pommes de terre coupées en quartier 10 minutes dans de l'eau bouillante salée.
Les mettre dans un plat avec quelques noisettes de graisse de canard et les parsemer de grains de sel.
Mettre le plat au four, à côté du roasting beef.
Ne pas oublier de les remuer de temps en temps.

Yorkshire Pudding

1 mesure de farine
1 mesure d'oeufs battus
1 mesure de lait entier
1 filet d'huile de tournesol ou de maïs
1 bonne pincée de sel
1 noisette de graisse de canard
.
Mixer les ingrédients (sauf la graisse de canard) pendant quelques minutes.
Laisser reposer au frigo pendant une bonne demi-heure.
Placer une noix de graisse de canard dans des petits moules ronds (ou dans un grand ça marche aussi). Les mettre au four pendant 3 minutes.
Verser la pâte dans les moules.
Et remettre au four pendant 20 minutes. Les puddings vont gonfler et dorer.

Sauce au raifort

crème épaisse
raifort
Râper le raifort.
L'intégrer dans la crème.
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Servir deux tranches de roast beef, un pudding, quelques pommes de terre, la gravy sauce et la sauce au raifort. Et une petite salade d'épinards pour un peu de légèreté.
.
(merci à Elisabeth qui m'a laissée l'observer)