dimanche 6 septembre 2009

Les fesses molles de la comtesse d'Olonne

Ah le vilain Bussy! "L’osiveté est mère de tout vice" disait-il.

D'ennui il se meurt dans son chateau et, ne sachant à quoi se divertir, se prend d'écriture. Il se met à écrire une histoire, plutôt un roman satirique, véritablement sans dessein d'en faire aucun mauvais usage contre les intéressés, mais seulement pour s'occuper et, tout au plus, s'attirer les louanges de bien écrire.

Trop sincère pour s'excuser quand il a tort, la légèreté de sa plume lui vaudra bien des ennuis, d'avantage d'oisiveté et -qui sait- peut-être quelques regrets. Le voilà enfermé, exilé dans son château, frappé d'une disgrâce définitive.

Il avait fort heureusement un bien joli château.

Quelques fleurs de trèfles piquées dans mes escarpins rouges, un poisson agripé à mon chapeau de paille, j'en ai fait le tour, m'émerveillant des perruques qui devaient dépasser des haies du labyrinthe quelques trois-cent-quarante-cinq ans plus tôt et de la couleur des nénuphars ponctuant la verdeur de l'étang.

Sous les regards immortalisés de la Marquise de Monglat célèbre pour son inconstance, de la Marquise de la Baune dont on se gausse encore de l'infidélité, de la Duchess du Plessis dont l'exigeance a traversé les siècle, et de la Comtesse d'Olonne moins fameuse pour sa beauté que pour l'usage qu'elle en fit, il fait les cent pas et s'attarde sur la dernière dont il se souvient du nez bien fait, du sein admirable, de la grossièreté de la taille et de la molesse des fesses.





Bavarois au melon

2 gros melons Cavaillon bien mûr
200 gr de sucre
2 dl de lait
3 jaunes d'oeufs
4 dl de crème fraîche
jus d'1 citron
6 feuilles de gélatine


Laisser ramollir la gélatine dans de l'eau froide dans une assiette creuse.
Ecraser la chair du melon pelé et épépiné dans une passoire pour obtenir 1/2 dl de jus.
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La crème anglaise:
Mélanger au fouet les jaunes et le sucre.
Chauffer le lait et dès qu'il bout, le verser sur les jaunes-sucre en fouettant énergiquement.
Remettre sur le feu quelques instants en fouettant toujours et sans laisser bouillir. La crème doit épaissir.
Bien essorer la gélatine avec les mains et la faire fondre dans la crème encore chaude.
Laisser refroidir puis ajouter le jus de melon et le jus de citron.
Placer le mélange au frigo et bien surveiller
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La chantilly:
Quand le mélange commence à gélifier et colle aux parois, battre la crème en chantilly et l'ajouter très délicatement à la crème au melon.

Verser dans un moule à cheminée en Tupperware ou dans un moule à charlotte.
Placer une nuit au frigo.
Démouler sur un plat rond et servir avec un coulis de framboise, quelques feuilles de menthe et des Petits beurres.
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Inspiré de l'Histoire amoureuse des Gaules de Roger Bussy-Rabutin, de son château en Côte-d'Or et de La Cuisine à quatre mains, tome 2

vendredi 19 juin 2009

Laisse pisser le mérinos

Bon-Papa disait qu’il faut laisser pisser le mérinos. Le mien pisse partout, dans mon cerveau, entre mes doigts de pied, dans mon nombril, au bout de mes cheveux, sous mes bras, derrière ma rétine. Il marque son territoire.
Je me souviens surtout de son cou.
Entre les amours d’Hadrien et son jeune oephèbe, j’aurais dû l’embrasser. Mais avec un chewing-gum j’ai plutôt essayé de me calmer. Il suivait les jolies guides. Je le cherchais entre les maquettes, les pièces de monnaie et les bustes crolés. Lush signifie luxuriant. Il ne savait pas répondre.
Puis, pendant quelques jours, je ne l’aimais plus. La nuit, j’avais rêvé qu’il mangeait du chou-fleur et qu’il riait trop fort. Et maman m’avait dit de laisser la lune aux étoiles.
Laisse le mérinos, les lunes et les étoiles. Laisse tomber. J’ai de toute façon tout essayé, même la tarte à la rhubarbe.





Tarte a la rhubarbe
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Pâte brisée
250g de farine
125 g de beurre
1 jaune d'oeuf
1 c. à s. de cassonade blonde
1 paquet de sucre vanillé
un peu d'eau
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Garniture
une botte de rhubarbe
1 ou 2 poires
250 g de sucre brun
de la cannelle
50 g de farine
50 g de beurre
3 à 4 oeufs entiers
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Préparer la pâte brisée: mélanger du bout des doigts les ingrédients. Ajouter un peu d'eau si c'est trop sec. Bien travailler (mais pas trop longtemps) et former un boule. Laisser reposer 1h au frigo.
Beurrer une platine à bords assez hauts. Etendre la pâte au rouleau et la poser dans la platine.
Couper la rhubarbe en petites rondelles, et les poires en forme qu'on veut. Les disposer sur la tarte.
Préparer la garniture: fraiser ensemble le sucre, la cannelle, le beurre et la farine (comme pour un crumble). En parsemer la rhubarbe.
Si on veut, verser sur le tout les oeufs battus en omelette (personnellement je préfère sans).
Mettre au four préchauffé à 180°C pendant une petite demi-heure.
Manger froid! Et séduire vos invités (normalement ça marche!)

mardi 16 juin 2009

Mange des tomates mon amour


Une madeleine pour revivre le passé, des brocolis contre le cancer, le pamplemousse pour maigrir, le chocolat c’est pour le moral, une bonne soupe bien chaude quand il fait bien froid, des carottes pour avoir bonne mine.

Soyez bien dans votre assiette. Je ne suis pas dans mon assiette !!!

jeudi 5 mars 2009

Château Pollini

Oui j'ai honte... Souvent je me demande comment on fait pour reconnaître d'un coup de nez un grand vin ou d'une oreille un musicien très doué.
Hier j'ai compris. Dans une grande salle de concert au bord de la Tamise, après une journée de travail interminable, entre un touriste italien et un vieux monsieur.
Maurizio Pollini est entré dans la salle en saluant pieusement de la tête. La salle était pleine, il y avait même des gens assis sur la scène derrière le piano. Il n'a pas attendu le grand silence accoutumier et s'est mis à jouer sincèrement.
Là j'ai compris qu'on ne peut pas forcément expliquer ce qu'est un grand pianiste ou un grand vin. Ce n'est pas nécessaire non plus.
Et on souffre de toute la médiocrité que peut offrir le monde. Les meubles Ikea, le pop corn, les audio-guides, les marlboro light, les touristes, la presse à scandale, la pâte à crêpes en poudre...
A cause de ce vieux monsieur un peu courbé, à la silhouette d'insecte à queue de pie, qu'on entendait parfois chantonner discrètement et qui avait juste derrière lui une dame aux bras nus qui lui faisait comme des oreilles de lapin.



Gateau aux carottes pas que pour les lapins

3 carottes
2 oranges
1 citron
3 tranches de pain de mie sans croute
100 g d'amandes (en poudre ou pas)
200 g de sucre roux
1 sachet de levure en poudre
1 c.à c. de gingembre en poudre
1 c.à c. de cannelle
4 oeufs
5 cl d'huile d'arachide
100 g de sucre de canne
1 bâton de cannelle
1 gousse de vanille
quelques clous de girofle
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Presser ensemble le citron et les deux oranges (et prélever le zeste d'une des deux). Réserver.
Mixer (dans un robot si possible) les carottes, le zeste d'une orange, le pain, les amandes, le sucre roux et la levure.
Ajouter le gingembre, la cannelle, les oeufs. Et terminer par l'huile.
Etaler le mélange dans un moule rond assez profond et bien huilé.
Au four, 45 minutes à 180°C.
Cuire le jus d'orange et de citron avec le sucre de canne, le bâton de cannelle, la gousse de vanille et les clous de girofle.
Porter à ébullition.
Verser le sirop uniformément sur le gateau et laisser reposer une nuit.

jeudi 24 juillet 2008

Canard à l'orange



Il y a des jours où l'on voudrait s'envelopper de quelque chose d'épais et opaque, de chaud même si le soleil tape, de sucré mais qui ne colle pas (juste pour n'avoir qu'à lécher pour se sentir réconforté), pas trop foncé pour pas qu'on ait l'air tout pâle, mais pas trop clair non plus parce que cette lumière fait mal aux yeux. On veut les garder fermés et ceux des autres aussi. Quelque chose qui pique pour que ça ne fasse pas mal qu'à l'intérieur. Et qui brûle la peau parce qu'on veut s'en débarasser.

Longtemps, j'ai porté une veste en velours. Il y en avait une brune, une noire, et une bleu foncé. Ma mère m'appelait alors Peau d'âne.

Filets de canard caramélisés à l'orange

200gr de filets de canard
2 c.à s. de sauce soja
2 c.à s. bombées de sucre de canne
1 c.à s. de gingembre frais râpé
1 gousse d'ail écrasée
1 c.à s. de sauce de poisson
2 c.à s. de jus de citron vert
le jus de 2 oranges
un peu de leur zeste finement hâché
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Mélanger tous les ingrédients (sauf le canard) dans un bol. Mélanger à la fourchette.
Faire cuire dans une poêle jusqu'à ce que la sauce s'épaississe. Diminuer le feu si ça va trop vite.
Quand la sauce est bien opaque et épaisse, ajouter les filets (je les achète très fins et prédécoupés) dans la poêle. Cuire quelques minutes.
Une recette sortie de la petite robe noire de Trish Deseine et régulièrement empruntée, pas seulement par moi.