samedi 14 août 2010

C'était une bonne date. Quelques jours avant, le 14 juillet me narguait dans le carnet entrouvert du voyage au Vietnam. Je n'avais officiellement plus d'amant et c'était un soulagement, comme s'il ne c'était rien passé. Les feux d'artifices ou ces 2 petites lumières dans le coin de l'oeil... je ne sais pas, ça n'a pas marché. Deux jours peut-être. L'herbe est verte et je m'en fous.

C'était un jour un peu comme aujourd'hui. Il faisait gris. Pas assez chaud pour enlever sa veste; pas assez froid pour mettre un pull en-dessous. On buvait un thé sur une terrasse. On n'était que deux, on critiquait les passants. Il y avait peut-être juste quelques gouttes de pluie en moins mais la lumière était toujours allumée au dernier étage du building du Delhaize.

J'allais envoyer tout balader pour des histoires de chinchilla, de poules d'eau, de chips au goût poulet, de moules et d'oeufs en chocolat, de Bora-Bora, de cramique et de couques suisses, d'un bûcher et de jus de mangue, d'oreilles et de Lausanne, de pique-nique et de thé Morocco, entre décolleté et chaussettes, soyons raisonnables, juste voisins, on verra en 2065, cette histoire de verre cassé ou celle du basilic, tes pieds, mes aisselles, petit lardon, de toute façon c'est pas la saison.

Il aimait d'abord mon nez, puis mes yeux et mes seins. Mes fossettes, les bruits de mon ventre, mes pieds et mes cuisses. Mon T-shirt à pois et mes culottes. Mes fesses fraîches aussi et le point de beauté caché sous mon bras.
Je n'aimais pas cette tête de tortue quand il réclamait un bisous, ses vieux slips aux motifs de cravate de Monsieur météo et cette expression de faire un câlin.
J'aimais son cou mou et chaud, cette sensation de matelas pneumatique chauffé par le soleil dans un piscine, en plus moelleux. Ses mains assurées mais empressées, ses pieds palmés comme s'il avait 12 orteils et ses cils qui se mettent en petit paquets. L'odeur de frigo pas lavé dans sa barbe, ce truc crochu qui tient bien dans la main et son odeur de Pampers. La forme de l'ongle de son pouce et la cellulite sur son ventre.
Il coupait les courgettes en tout petits petits morceaux.
Au début j'aimais ça, aujourd'hui ça me rend malade.





Cake aux courgettes

100 gr de farine
1 c.à c. de cannelle
3 pincées de sel
1/2 c.à c. de bicarboante de soude
1/2 c.à c. de baking powder
2 oeufs
100 gr de sucre
120 gr d'huile olive
1,5 Extrait de vanille
le zeste et le jus d'un citron
1 courgette
100 gr de noix
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Mélanger dans un grand bol la farine, la cannelle, le sel, le bicarbonate de soude et le baking powder.
Dans un autre récipient, mélanger les oeufs avec le sucre puis ajouter l'huile, le jus et le zeste de citron.
Ajouter le 2ème mélange au premier.
Raper les courgettes ou les couper en tout petits petits morceaux.
Ajouter les courgettes et les noix à la pâte et bien mélanger.
Verser dans un moule rectangulaire assez plat (genre moule à brownies) et cuire à 180°c pendant une petite demi-heure.

jeudi 17 juin 2010

Les femmes vertueuses - Tante Odile

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Tante O. m'a appris à aimer le beurre salé sur le pain le matin, les fruits comme dessert, le porto blanc, la raclette et les rillettes. Faire une quiche au magret, mettre du vin blanc dans les spaghettis au saumon, des pommes-de-terre dans les omelettes.
Pour la première fois j'ai mangé du fromage, du chèvre sur une pizza. Puis de la raclette. C'était fumé, mon ventre ballonné.

Saucisson en brioche de Tante Odile


1 saucisson fumé ou à l’ail
300 g de farine
30 cl de crème fraîche
Sel-poivre


Mélanger les oeufs entiers avec la farine.
Ajouter la crème. Puis le sel et le poivre.
Huiler un moule à cake.
Verser la pâte dans le moule.
Enfoncer le saucisson dans la pâte jusqu'à ce qu'on ne le voie plus.
Cuire à 250°C pendant 30 à 40 minutes.
Déguster avec une salade verte bien assaisonnée.

dimanche 14 février 2010

Meat Pie


C'est ainsi que je me suis retrouvée hier soir, conviée à l'enterrement d'un chien qui, une semaine plus tôt, fêtait ses 105 ans autour d'un os enrichi en magnesium.
Puppy est mort il y a 3 jours, d'une overdose d'anti-douleur (P. n'avait pas lu la notice) et, accessoirement, d'un cancer des testicules.
Tous les jours, il faisait sa promenade à 10h et son cauchemar entre 16 et 17.

La maison de mon patron est tout en bois et n'est accessible qu'après un assez long et glacial trajet en barque. Il faisait nuit, tout était noir et brumeux. Mystique. Ou plutôt maléfique.
Il avait prévu pas mal de pelles pour creuser le trou et tout le monde s'y est mis avec énergie et enthousiasme, jusqu'à ce que les grands coups de pioche que donnait sa belle-fille, jambes écartées au dessus du trou, faisant voler ses très longs cheveux blonds en même temps que la terre, agitant ses jupes à pois, râlant et s'aidant parfois de ses mains pour retirer les racines et les vers de terre, nous rendent plus hésitant, de peur de, le crâne fendu, devoir ensuite partager le trou avec Puppy.
P. avait aussi prévu un petit poème en vers, qu'il a lu avec beaucoup d'émotion sur un écran de téléphone portable, des perce-neige fânés, des jonquilles pas encore ouvertes, et un magnum de champagne.
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Il avait pris l'habitude de dire "Poor Puppy dog, poor boy" à chaque fois que Puppy toussait (personnellement je pense que le cancer ne se limitait pas aux testicules).
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Depuis quelques jours, il a l'air ailleurs. mais il continue de dire "Good brilliant marvellous", ok next one, the other thing is... et "perfection", avec la même fréquence. et il peu, maintenant que le corps de Puppy est sous terre, garer sa voiture du côté ensoleillé de la rue sans craindre de trop mauvaises odeurs.
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Meat Pie
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700 g d"épaule de labrador (ou à défaut... de porc)
250 g de rognons de lévrier (ou de bacon)
2 oreilles de caniche (ou 2 anchois)
1 bouquet de sauge fraîche
1 c. à c. de macis (ou de noix de muscade)
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pour la hot-water crust pastry
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450 g de farine blanche
1 généreuse pincée de sel
50 ml de lait
50 ml d'eau
150 g de saindoux
1 jaune d'oeuf
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Hâcher la viande et les épices au robot ménager. Saler et poivrer. Idéalement, cuire une petite boulette de viande à la poêle, goûter et rectifier l'assaisonnement. Le labrador est une viande assez salée. Et les oreilles de caniche peuvent être utilisées comme substitut du sel marin.
Beurrer un moule rond de 20 cm de diametre assez profond.
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Préparer la pâte:
Verser la farine et le sel dans un grand bol.
Réchauffer à feu doux le lait, l'eau et le saindoux préalablement coupé en petits morceaux. Quand la graisse est fondue, augmenter le feu et porter à ébullition.
Verser le liquide sur la farine et mélanger avec une cuillère en bois.
Travailler la pâte brièvement avec les mains pour faire une boule homogène.
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Tapisser le moule avec 2/3 de la pâte (le fond et les bords) tant qu'elle est encore chaude. Il faut agir vite! La pâte devient friable en refroidissant, et donc très difficile à travailler et étaler.
Recouvrir de viande et bien tasser.
Badigeonner le haut des bords de jaune d'oeuf battu et recouvrir le tout avec le reste de pâte étalé au rouleau à tarte. Bien sceller les bords.
Badigeonner le tout avec le reste de jaune d'oeuf et faire quelques petits trous dans le couvercle.
Parsemer de quelques grains de gros sel.
Mettre 1h au four préchauffé à 180°C.
Déguster une fois qu'il est légèrement refroidi avec une bonne compote de pomme maison.

vendredi 22 janvier 2010

Susucre


Je voudrais vous tenir entre mes mains. Vous faire glisser entre mes doigts. Caresser vos cheveux sans pouvoir les compter.

Et vous mettre dans ma poche pour vous garder pour moi, au chaud. de temps en temps reprendre ma fourchette, la porter jusqu'à ma bouche, pour vous récupérer ensuite un peu froid.

Je suis une pierre, liquide, à l'état gazeux, un flottement, un soupir. Quelque chose qui ne bouge plus. Voudrait mais ne peux plus. Rien d'humain, sans chair et sans os. Je suis à vous. Mangez moi ou écrasez moi.

Mais peut-être préférez vous de la tarte au sucre?

Ze tarte au sucre
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1 pâte brisée
200 g de cassonade blonde (qu'on trouve qu'en Belgique)
1dl de crème liquide
5 noisettes de beurre salé
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Etaler la pâte dans un moule à tarte rond. La piquer de quelques trous de fourchette.
Recouvrir de cassonade.
Mélanger les oeufs avec la crème. Et verser le mélange sur la cassonnade. Ne pas mélanger!
Parsemer de quelques noix de beurre.
Mettre au four 25 à 30 minutes.

samedi 16 janvier 2010

Linley Sambourne

Lord Linley était plutôt gros. D'un embonpoint à la limite du sain mais sympathique en tout cas. Ses paupières retombantes lui faisaient pourtant de petits yeux méchants.
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Il avait mis au point un système ingénieux d'ouverture de porte pour éviter de sortir de son lit. Paresseux, il l'était incontestablement.
Mais fantaisiste en tout cas. La fissure sur son miroir était une branche de vigne.
Econome dans les détails. Le papier peint contournait les cadres; le tapis, la base des armoires.
Visionnaire si l'on veut. Le tapis, faux, était en lino. Le parquet aussi.

Il n'hésitait pas à se montrer ridicule sur les photographies. D'autant plus que ce jour-là
, Missis Hogarth s'était trompée dans les proportions de porto dans la sauce.


Sauce cumberland

1 grosse cuillère à soupe de gelée de groseilles
1 zeste d'orange hâché très finement
3 verres de porto (non pardon 1)
1 c.à c. de arrow-root (ou autre épaississant) dilué dans un verre d'eau
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Diluer la gelée dans le porto dans une casserole à feu doux.
Ajouter le zeste hâché et porter à ébullition.
Lorsque ça bout, ajouter l'épaississant. Et remuer en laissant sur feu doux encore quelques minutes.
Servir avec un roti de porc.